{"id":764,"date":"2014-11-22T16:21:04","date_gmt":"2014-11-22T15:21:04","guid":{"rendered":"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/?p=764"},"modified":"2022-02-13T19:24:13","modified_gmt":"2022-02-13T18:24:13","slug":"marius-girard","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/?p=764","title":{"rendered":"Marius"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/marius.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-766\" src=\"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/marius.png\" alt=\"marius\" width=\"383\" height=\"509\" srcset=\"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/marius.png 539w, http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/marius-225x300.png 225w, http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/marius-112x150.png 112w\" sizes=\"auto, (max-width: 383px) 100vw, 383px\" \/><\/a>ARTICLE ECRIT EN SEPTEMBRE 2014 : MEMOIRE DE NOS ANCIENS\u00a0: UN PORTRAIT, MARIUS GIRARD<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Marius nous a quitt\u00e9 le 4\/11\/2014<\/p>\n<p>Une silhouette famili\u00e8re traverse tranquillement le passage pi\u00e9ton du centre du village, un peu vout\u00e9e, sa d\u00e9marche reconnaissable entre mille. Elle tourne en direction de la Mairie pour continuer sa ballade matinale. Arriv\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 du portail de l\u2019\u00e9cole c\u2019est aussit\u00f4t une rumeur grandissante qui envahie la cour. \u00ab\u00a0Marius, c\u2019est Marius\u00a0!\u00a0\u00bb aussit\u00f4t, les enfants accourent pour venir saluer celui qui est sans conteste pour eux une \u00ab\u00a0star\u00a0\u00bb de la commune, aussi embl\u00e9matique \u00e0 leurs yeux qu\u2019Agecanonix pour un autre petit village Gaulois.<\/p>\n<p>Pour tous, Marius est sans conteste une des figures de Baneins. De toutes les manifestations et s\u2019enqu\u00e9rant des nouveaux habitants avec son sourire et sa bonne humeur habituelle, il nous semblait indispensable de le conna\u00eetre davantage et d\u2019avoir son regard sur les 85 derni\u00e8res ann\u00e9es qu\u2019il a v\u00e9cu \u00e0 Baneins.<\/p>\n<p>En effet, Marius est n\u00e9 le 10 avril 1924 dans la commune voisine, Saint Trivier, de ce fait c\u2019est un \u00ab\u00a0Niac\u00a0\u00bb d\u2019adoption. Propos qu\u2019il faut nuancer imm\u00e9diatement, car, certes il est n\u00e9 et a v\u00e9cu toute son enfance dans le village voisin, mais ses activit\u00e9s l\u2019entrainaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Baneins et ses grands parents \u00e9taient des Attaneins. La ferme de ses parents \u00e9tait toute proche, puisque situ\u00e9e dans le hameau de B\u00e9reins, l\u2019amenant ainsi \u00e0 fr\u00e9quenter l\u2019\u00e9cole de Baneins et \u00e0 parcourir chaque jour les quatre kilom\u00e8tres qui la s\u00e9pare de la ferme lou\u00e9e par ses parents. Il use ses fonds de culotte sur les bancs de l\u2019\u00e9cole encore situ\u00e9e dans deux lieux diff\u00e9rents, la classe de Mme Chanal (comportant \u00e0 l\u2019\u00e9poque 40 \u00e9l\u00e8ves) dans le grand b\u00e2timent accol\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9glise, le long de la route, et celle de son mari \u00e0 l\u2019emplacement actuel mais dans un b\u00e2timent bien plus petit. Il y obtiendra son certificat d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n<p>Le village n\u2019a pas le m\u00eame visage qu\u2019aujourd\u2019hui. Les constructions sont moins nombreuses et la rue principale est encore encadr\u00e9e par des tilleuls. C\u2019est un lieu de passage mais beaucoup moins fr\u00e9quent\u00e9 qu\u2019actuellement. Pourtant les activit\u00e9s commerciales sont nombreuses. On compte deux caf\u00e9s, dont un bar restaurant, une \u00e9picerie tenue par le grand p\u00e8re de Marius, un boulanger qui livre le pain en cal\u00e8che dans les hameaux, un entrepreneur de machines \u00e0 battre situ\u00e9 en face de la mairie actuelle et un charron \u00e0 la sortie du village. C\u2019est avec nostalgie et regrets que Marius \u00e9voque ce temps o\u00f9 le village se suffisait en grande partie \u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 30, Baneins connait un am\u00e9nagement innovant et moderne pour l\u2019\u00e9poque\u00a0: la construction de la salle des f\u00eates et de la nouvelle \u00e9cole, voulues par le s\u00e9nateur et maire d\u2019alors M. Donin Bollet. Ce chantier occupera une bonne partie des ann\u00e9es 30 et connu les luttes des gr\u00e8ves de 1936. Marius se souvient ainsi qu\u2019un beau matin un groupe vint de Lyon \u00e0 v\u00e9lo pour bloquer le chantier, ce qu\u2019ils firent pendant quinze jours. La grue qui dominait les b\u00e2timents en construction devint le symbole local de la lutte, puisque les gr\u00e9vistes avaient hiss\u00e9 le drapeau rouge au sommet. Les travaux reprendront quelques semaines plus tard et se termineront en 1938 avec une grande f\u00eate pour l\u2019inauguration.<\/p>\n<p>Pour Marius, la vie est alors rythm\u00e9e par le travail \u00e0 la ferme qui compte 40 ha, on cultive en utilisant les chevaux et les b\u0153ufs en plus d\u2019un tracteur. La famille compte 4 enfants, deux gar\u00e7ons et deux filles. Marius est le deuxi\u00e8me avec sa s\u0153ur jumelle.<\/p>\n<p>Il vivra dans la ferme familiale \u00e0 B\u00e9reins jusqu\u2019\u00e0 son mariage en 1950. Entre deux, la guerre est pass\u00e9e par l\u00e0. Marius \u00e9vite de justesse le STO gr\u00e2ce \u00e0 un ami de ses parents qui a une usine sur Lyon et un besoin urgent de main d\u2019\u0153uvre. Ses souvenirs de cette p\u00e9riode ne sont pas trop douloureux, les villages de campagne \u00e9tant pr\u00e9serv\u00e9s en grande partie de l\u2019occupant et des privations que connaissent les villes.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre il s\u2019engage dans la vie du village en devenant pompier, poste qu\u2019il occupera de l\u2019\u00e2ge de 18 ans jusqu\u2019\u00e0 sa retraite. Il vient s\u2019installer \u00e0 Baneins dans la ferme qui appartient aujourd\u2019hui \u00e0 M. Cornevin, sa s\u0153ur ayant repris l\u2019exploitation de ses parents. Il va alors entrer dans l\u2019entreprise de ma\u00e7onnerie de M. Thomasson o\u00f9 il travaillera durant toute sa vie professionnelle, \u00ab\u00a0il fallait faire quelque chose\u00a0\u00bb ce qu\u2019il fera \u00ab\u00a0du lundi au samedi, du lever au coucher du soleil\u00a0\u00bb occup\u00e9 en particulier \u00e0 refaire les toitures dont celle de l\u2019\u00e9glise. Le dimanche n\u2019est pas pour autant un jour de repos, puisque Marius cultive un lopin de 5 ha et \u00e9l\u00e8ve quelques cochons et quelques vaches afin de faire vivre la famille qui s\u2019agrandit. Le premier enfant arrivant en 1950, suivit de 9 autres.<\/p>\n<p>Claudia, sa femme, travaille elle aussi en plus de sa charge de m\u00e8re de famille nombreuse. Elle fait des m\u00e9nages \u00e0 Ch\u00e2tillon o\u00f9 elle se rend en Mobylette, le couple n\u2019ayant jamais eu de voiture.<\/p>\n<p>Marius se souvient de son m\u00e9tier et mesure le chemin parcouru entre la mani\u00e8re de travailler \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il g\u00e2chait le ciment \u00e0 la main et montait tous les mat\u00e9riaux \u00e0 dos d\u2019homme, et aujourd\u2019hui. Son patron donnait l\u2019exemple et travaillait aussi dur que ses quatre employ\u00e9s. L\u2019entreprise fonctionnait mais gardera des moyens limit\u00e9s qui se cantonneront \u00e0 un petit camion benne et une b\u00e9tonni\u00e8re.<\/p>\n<p>En plus de ce travail, Marius s\u2019implique aussi pour sa commune, il compl\u00e8te son activit\u00e9 par le travail difficile de fossoyeur et surtout, il prendra part au conseil municipal pendant 30 ans, des ann\u00e9es 60 aux ann\u00e9es 90.<\/p>\n<p>En 1976 la commune connait une nouvelle \u00e9tape avec la construction du premier lotissement de 7 maisons b\u00e2ties sur des terrains agricoles dans le centre du village. La population est alors moiti\u00e9 moins importante qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Pour la famille Girard c\u2019est l\u2019occasion de concr\u00e9tiser le r\u00eave et le travail d\u2019une vie en acc\u00e9dant \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. Maintenant que les ain\u00e9s ne sont plus \u00e0 la maison, l\u2019achat d\u2019une habitation moins grande est possible.<\/p>\n<p>La vie s\u2019\u00e9coule tranquillement au rythme des saisons et des divers travaux de la campagne comme le jardinage et la coupe du bois en hiver.<\/p>\n<p>Marius prendra sa retraite en 1989. Apr\u00e8s une vie professionnelle bien remplie, il continue quelques activit\u00e9s physiques comme le jardin et la marche \u00e0 pieds qu\u2019il pratique assidument. Il peut aussi se consacrer \u00e0 sa d\u00e9sormais longue descendance, puisque le couple \u00e0 vingt et un petits enfants et quatorze arri\u00e8res petits enfants, autant dire que les r\u00e9unions de famille sont anim\u00e9es et n\u00e9cessitent de la place\u2026<\/p>\n<p>Pour terminer, Marius pr\u00e9sente un constat sur l\u2019\u00e9poque qu\u2019il a connu\u00a0: \u00ab\u00a0la vie \u00e9tait dure et le travail manuel, on n\u2019avait pas le temps de s\u2019ennuyer\u00a0\u00bb, il voit aussi l\u2019esprit du village changer, la vitesse et une part croissante d\u2019individualisme ayant pris le pas sur la convivialit\u00e9. Aussi pourquoi ne pas nous mettre de temps en temps au pas plus lent de nos anciens et partager avec eux un moment d\u2019\u00e9change dans les manifestations qui ponctuent la vie de notre charmant petit village.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ARTICLE ECRIT EN SEPTEMBRE 2014 : MEMOIRE DE NOS ANCIENS\u00a0: UN PORTRAIT, MARIUS GIRARD Marius nous a quitt\u00e9 le 4\/11\/2014 Une silhouette famili\u00e8re traverse tranquillement le passage pi\u00e9ton du centre du village, un peu vout\u00e9e, sa d\u00e9marche reconnaissable entre mille. Elle tourne en direction de la Mairie pour continuer sa ballade matinale. 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