{"id":924,"date":"2015-11-01T16:11:43","date_gmt":"2015-11-01T15:11:43","guid":{"rendered":"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/?p=924"},"modified":"2022-02-13T19:41:15","modified_gmt":"2022-02-13T18:41:15","slug":"jean","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/?p=924","title":{"rendered":"Jean"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright  wp-image-926\" src=\"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/jean.jpg\" alt=\"jean\" width=\"436\" height=\"571\" srcset=\"http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/jean.jpg 486w, http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/jean-229x300.jpg 229w, http:\/\/mairie-baneins.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/jean-114x150.jpg 114w\" sizes=\"auto, (max-width: 436px) 100vw, 436px\" \/><\/p>\n<p>Jean nous a quitt\u00e9 le 23 janvier 2019.<\/p>\n<p><strong>Interview de Jean Ducrozet<\/strong><\/p>\n<p>Depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations la famille Ducrozet est \u00e9tablie \u00e0 Baneins au hameau des Bag\u00e9s.<\/p>\n<p>Agriculteurs de p\u00e8re en fils, ils travaillent sur une exploitation familiale traditionnelle autour de l\u2019\u00e9levage, la culture, la production de lait et de fromage de ch\u00e8vre.<\/p>\n<p>Jean est n\u00e9 en 1941 \u00e0 la maternit\u00e9 de Ch\u00e2tillon-sur-Chalaronne. Il va \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e0 Baneins jusqu\u2019\u00e0 14 ans, puis \u00e0 Chatillon aux cours post-scolaire pendant 3 ans. \u00c0 cette \u00e9poque, la ferme compte sept \u00e0 8 ha r\u00e9partis sur la commune de Baneins. On \u00e9l\u00e8ve des vaches, des cochons, des poules, des lapins et des ch\u00e8vres. La production des 4 ou 5 vaches de la ferme part \u00e0 la laiterie de Saint \u00c9tienne sur Chalaronne. Cette laiterie, qui ferma dans le milieu des ann\u00e9es 70, produisait entre autres un fromage nomm\u00e9 \u00ab Parbressan \u00bb, \u00e0 l\u2019initiative de son directeur de l\u2019\u00e9poque, avec le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 de fabrication que le parmesan. Jean se souvient \u00eatre all\u00e9 \u00e0 la laiterie pour retourner les meules de fromages lorsque l\u2019entreprise \u00e9tait en difficult\u00e9. Apr\u00e8s la fermeture de cette laiterie, c\u2019est la laiterie de Gri\u00e8ges qui prendra le relais. La \u00ab paye de lait \u00bb \u00e9tait souvent la bienvenue pour r\u00e9gler les notes de la famille. Les autres productions servaient essentiellement \u00e0 nourrir les membres de la famille, le cochon pour la viande, les poules pour les \u0153ufs et la viande, les ch\u00e8vres pour la production de fromage. Les lapins \u00e9taient vendus, notamment sur le march\u00e9 de Saint Didier sur Chalaronne et sur celui de Chatillon. Au d\u00e9but les lapins \u00e9taient emport\u00e9s au march\u00e9 avec le Solex. Plus tard la voiture pris le relais. Les vaches \u00e9taient \u00e9galement attel\u00e9es pour les travaux des champs. Gamin, Jean tenait la corde de la vache qui tirait la sarcleuse.<\/p>\n<p>En 1961, Jean part faire son service militaire. Il ne reviendra qu\u2019en 1963 apr\u00e8s 13 mois pass\u00e9s en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>\u00c0 son retour, Jean devient aide familial dans la ferme avec ses parents. Il le restera jusqu\u2019\u00e0 la retraite de sa m\u00e8re, son p\u00e8re \u00e9tant d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1973. \u00c0 ce moment, la ferme compte environ 18 ha et le nombre de vaches laiti\u00e8res monte \u00e0 neuf. L\u2019\u00e9levage de lapins, compte quant \u00e0 lui jusqu\u2019\u00e0 60 m\u00e8res.<\/p>\n<p>La ferme poss\u00e9dait \u00e9galement deux petites parcelles de vigne, dont une sur la colline du D\u00e9romptey qui fut arrach\u00e9e au moment du remembrement.<\/p>\n<p>Deux ann\u00e9es, au moment de la saison des battages, Jean travaille pour l\u2019entreprise Puget \u00e0 Saint-Etienne-Sur-Chalaronne pour lier les bottes avec du fil de fer. Il en garde des souvenirs pleins de poussi\u00e8re.<\/p>\n<p>Agriculteur et apiculteur Vers l\u2019\u00e2ge de 15 ans, Jean d\u00e9couvre l\u2019apiculture gr\u00e2ce \u00e0 son grand-p\u00e8re maternel (le grand-p\u00e8re Meunier) qui poss\u00e8de quelques ruches et qui lui donne son premier essaim. \u00c0 cette \u00e9poque plusieurs agriculteurs de Baneins avaient quelques ruches sur leur ferme. La plupart du temps il s\u2019agissait de troncs creux dans lequel on mettait l\u2019essaim et que l\u2019on souffrait pour r\u00e9cup\u00e9rer le miel. La colonie \u00e9tait donc d\u00e9truite si l\u2019on voulait r\u00e9cup\u00e9rer du miel. Le miel \u00e9tait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par pressurage des rayons.<\/p>\n<p>Jean se souvient de sa premi\u00e8re r\u00e9colte, 8 \u00e0 10 kg de miel, pour laquelle il \u00e9tait all\u00e9 chercher \u00e0 pied un extracteur chez un apiculteur de Cl\u00e9mentiat. Les premi\u00e8res ann\u00e9es sont difficiles, et, apr\u00e8s quelques allers retours chez le grand-p\u00e8re pour r\u00e9cup\u00e9rer des essaims, le soir \u00e0 v\u00e9lo ou \u00e0 Solex, Jean arrive \u00e0 cinq ou six ruches au moment o\u00f9 il part \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. Il ach\u00e8te son premier extracteur chez Manufrance.<\/p>\n<p>\u00c0 son retour de l\u2019arm\u00e9e, il augmente petit \u00e0 petit son activit\u00e9 d\u2019apiculteur et, compte jusqu\u2019\u00e0 80 ruches lorsqu\u2019il est \u00e0 son compte. Avec l\u2019apparition de certaines cultures, notamment le tournesol et le colza dans les ann\u00e9es 70, la production de miel augmente et sa vente se fait en gros.<\/p>\n<p>Pour produire du miel il faut des fleurs. Au cours de sa carri\u00e8re d\u2019apiculteur, qui n\u2019est pas termin\u00e9e, Jean a constat\u00e9 une \u00e9volution du paysage et de ses ressources. Avant le remembrement, les abeilles allaient beaucoup dans les haies qui bordaient les champs et dans les prairies. Le miel produit \u00e9tait un miel toutes fleurs \u00e0 base de tr\u00e8fle blanc, de tilleul, de ronces, d\u2019acacia\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 80 et l\u2019arriv\u00e9e du Roundup (herbicide total), de nombreuses fleurs qui poussaient naturellement apr\u00e8s les r\u00e9coltes, par exemple la ravenelle, ont disparu. Au m\u00eame moment, la culture massive de colza a engendr\u00e9 la production d\u2019un miel monofloral de couleur claire et qui cristallise rapidement lorsqu\u2019il se refroidit, n\u00e9cessitant une extraction et un conditionnement rapide, et donc un bon savoir-faire de l\u2019apiculteur. Jean regrette \u00e9galement que certaines vari\u00e9t\u00e9s de tournesols et de colzas sem\u00e9es aujourd\u2019hui soient beaucoup moins mellif\u00e8res qu\u2019auparavant.<\/p>\n<p>Plusieurs facteurs compliquent \u00e9galement le travail des apiculteurs : l\u2019utilisation massive de certains insecticides, tel que le lindane avant son interdiction en 1998, ont produit des d\u00e9g\u00e2ts importants sur les colonies d\u2019abeilles. Jean se souvient d\u2019un empoisonnement important de ses colonies en 65 suite \u00e0 un traitement avec ce produit. Les insecticides actuels, dit syst\u00e9miques, sont v\u00e9hicul\u00e9s par la s\u00e8ve de la plante et m\u00eame s\u2019ils sont moins violent, peuvent provoquer des intoxications chroniques aux effets moins visibles (perte du sens de l\u2019orientation par exemple, diminution de la ponte pour la Reine). Mais l\u2019agriculture n\u2019est pas seule en cause, et, comme le souligne Jean, l\u2019apiculture intensive est \u00e9galement responsable de la fragilisation des colonies, notamment par les manipulations g\u00e9n\u00e9tiques des esp\u00e8ces d\u2019abeilles et l\u2019importation de reines italiennes d\u00e8s les ann\u00e9es 70. Cette fragilisation les rend plus vuln\u00e9rables aux diff\u00e9rentes maladies et parasites de la ruche. Parmi ces parasites le varroa est le plus souvent cit\u00e9, mais l\u2019avanc\u00e9e du frelon asiatique est guett\u00e9e de pr\u00e8s par les apiculteurs car celui est capable de provoquer de gros d\u00e9g\u00e2ts dans la ruche.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces difficult\u00e9s, c\u2019est avec passion que Jean poursuit son activit\u00e9 d\u2019apiculteur, alors qu\u2019il a arr\u00eat\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es son m\u00e9tier d\u2019agriculteur. Il r\u00e9cup\u00e8re encore, ici et l\u00e0, des essaims quand on fait appel \u00e0 lui, ce fut le cas ce printemps avec un essaim qui s\u2019\u00e9tait log\u00e9 derri\u00e8re les volets ferm\u00e9s du b\u00e2timent de la cure. Vous pouvez d\u2019ailleurs lui rendre visite si vous voulez lui acheter du miel.<\/p>\n<p>A cette occasion vous rencontrerez \u00e9galement Jeannette, sa compagne, un peu jalouse du temps que Jean passe avec ses abeilles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean nous a quitt\u00e9 le 23 janvier 2019. Interview de Jean Ducrozet Depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations la famille Ducrozet est \u00e9tablie \u00e0 Baneins au hameau des Bag\u00e9s. Agriculteurs de p\u00e8re en fils, ils travaillent sur une exploitation familiale traditionnelle autour de l\u2019\u00e9levage, la culture, la production de lait et de fromage de ch\u00e8vre. 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